Soutien à Louise

Les violences aux femmes ne sont pas limitées au cercle conjugal. Il semblerait que le fait d’être une jeune femme donne le droit à un individu de lui infliger des blessures gravissimes. Ainsi, Louise, a rendu publique l’agression aussi lâche que monstrueuse dont elle a été victime en plein jour dans une ville pourtant réputée calme comme Blois. Elle n’a eu de tort que celui de refuser les incivilités.
Cette agression illustre dramatiquement les carences qui persistent à différents niveaux : tant éducatif que politique. Elle pose clairement la question de la place des femmes dans l’espace public.
Éduquons nos garçons en tant que parents et éducateurs. Chacun devrait se sentir responsable et faire en sorte que son fils ou le jeune homme dont l’éducation lui est confiée ne puisse jamais devenir un agresseur. Mettons en oeuvre les moyens nécessaires pour une vie en société apaisée et épanouie.
A l’heure où le vivre ensemble est sérieusement questionné, il appartient aux hommes et femmes de bonne volonté de prendre à bras le corps la question de la violence faite aux femmes.
La fédération du Loir-et-Cher du Parti socialiste apporte tout son soutien à la victime et à sa famille.

Christelle Bérenger, secrétaire fédérale du PS en charge de l’égalité hommes-femmes

Grève du bac

Une fois n’est pas coutume je vais parler de mon travail. Désolé par avance mais je vais sans doute être trop long.

Pourquoi vous en parler ? Parce que lundi un préavis de grève a été lancé par la plupart des syndicats pour faire la grève des surveillances du bac. Et que c’est la première fois qu’on en arrive là. C’est donc qu’il se passe quelque chose de plus grave que d’habitude.

La mammouth (surnom un poil méprisant) faisait peur aux gouvernements. Ce n’est plus le cas. Les dernières grandes manifestations qui l’ont fait reculer sur le sujet remontent déjà loin (la sélection à la fac avec Devaquet en 1986 peut être ?). Bien au contraire aller contre les profs c’est souvent se rendre populaire car jamais leur image n’a autant été dégradée. Paresseux, politisés, déconnectés de la réalité c’est l’image véhiculée par le grand public (presse comprise). Les gouvernements reculaient alors quand les signaux étaient mauvais. La réforme du collège avait montré qu’un gouvernement pouvait aller au bout quand même. Cette réforme que je soutenais sur le fond (évaluer autrement) a été violente pour les enseignants et à méprisé l’ampleur de leur tâche (refaire tous les programmes en un an par exemple). Elle a été vécue comme une humiliation.

« Moi qui balance entre deux âges je vous adresse à tous ce message », rien n’est plus faux. Ce métier n’a jamais été aussi exigeant et aussi chronophage sur la vie privée. Les 35h sont bien loin. D’ailleurs quand elles ont été mises en place personne n’a pensé à baisser le temps de travail des enseignants. C’était déjà un signe. Quand la journée de carence a été remise en place personne n’a moufté. Même si j’ai devant moi 150 enfants par jour et que c’est un nid à microbes on préférera que je vienne au travail contagieux. On va me rétorquer qu’il s’agit d’égalité avec les salariés du privé. Mais ils sont peu à travailler devant des enfants… Le pire c’est que cette mesure est même défavorable d’un point de vue comptable. On perd de l’argent (public) pour une mesure d’affichage. Cela va avec une propagande d’Etat que je n’ai jamais connu. Propagande qui n’est que trop rarement vérifiée par la presse qui court après l’actualité et son relais par internet.

L’éducation nationale n’est pas seule touchée. C’est l’ensemble de la sphère publique qui l’est. La situation aux urgences est catastrophique par exemple. Et on entend peu les différents partis sur le sujet. Pourquoi ? Parce que d’une certaine manière ils ont tous été complices de cette dégradation. Car il faut réduire le déficit et il est plus facile de tailler dans la masse salariale.

Les différentes réformes proposées n’ont qu’un objectif, tailler dans l’effectif et embaucher un maximum de contractuels pour être le plus flexible possible. La situation est déjà largement entamée. Si vous avez des enfants vous avez sans doute déjà constaté que les maladies et arrêts maternités n’étaient remplacés qu’au compte goutte et jamais avant 15 jours d’absence minimum (même quand ce congé maternité arrive au moment prévu).

Les profs ont alerté comme ils ont pu. 
– Le conseil supérieur des programmes à voté contre à l’unanimité (pour la première fois à ma connaissance). Rien.
– 3 jours de grève (avec la pénalité sur un salaire qui a baissé de 20% en 10 ans): Rien.
– Démission des postes de professeurs principaux: Rien 
Etc.

L’école se transforme ainsi en garderie. Occuper un maximum d’élèves avec le minimum de moyens. Là aussi les gamins ne sont pas les seuls touchés. les repas dans les EPHAD à 3000€ par mois ne dépassent que rarement les 1 ou 2€.

L’école n’est plus là pour former le citoyen mais pour le rendre « employable ». Parcoursup en est un des éléments mais pas le seul. Pourtant la pression médiatique sur l’école pour élever les enfants dans les valeurs de la République n’a jamais été aussi grande. Un discours qui plaît à de nombreux parents qui peuvent se dédouaner à peu de frais de leurs carences dans l’éducation de leurs enfants.

Aujourd’hui je risque des sanctions pour ce message car la loi sur « l’école de la confiance » va désormais restreindre ma liberté d’expression. Cette grève est donc l’ultime. Après le système aura changé. On entendra sans doute beaucoup de gens s’en plaindre. La réponse sera sans doute que les écoles privées existent. Elles ont d’ailleurs été très largement favorisées par les dernières lois (parcoursup, scolarité obligatoire à 3 ans). On fait dysfonctionner un service pour le privatiser. Ce n’est pas nouveau.

Mais ce message s’adresse surtout aux parents qui me diront que « les enfants sont pris en otage ». Cette expression m’insupporte. Être otage c’est autre chose. Mais je mesure le stress généré par cette épreuve. Je sais, je la surveille et la corrige tous les ans. Vous croyez sans doute que ces changements ne concerneront que les autres. Détrompez vous. On est toujours le con ou le plouc de quelqu’un. Le bac perd sa valeur nationale. Le lycée de votre enfant est sans doute mieux côté que le lycée de Créteil mais restera sans doute moins côté qu’un grand lycée parisien.

On va continuer et aggraver l’entre soi. Et notre pays va en crever par les inégalités qu’il va générer lui même.Et ça c’est dramatique. Les pauvres sont ceux qui vont être le plus touchés mais pas les seuls.Et eux ne votent pas (ou peu). Cette société n’est pas celle que j’ai choisi de défendre.

Frédéric Orain, Premier secrétaire fédéral de Loir et Cher

Bilan des élections Européennes

Chers amis, chères amies

J’ai souhaité prendre un peu de temps avant de vous  envoyer ce message pour vous donner mes impressions suite aux  élections européennes.

Je voulais tout d’abord remercier Karine Gloanec-Maurin pour son bilan en tant que députée européenne et pour son implication sans faille. Je voulais aussi remercier l’ensemble des militants qui ont tracté, convaincu et participé à l’organisation des nombreuses réunions et meeting lors de cette campagne.

Nous avons été visibles, plutôt bien accueillis par la population et c’est une nouveauté positive par rapport aux dernières années. Mais cela n’a pas été suffisant.  La participation a été en nette hausse et tout démocrate doit s’en réjouir mais cette hausse profite au Rassemblement National et lui donne une légitimité qui ne peut que nous inquiéter.  Notre résultat départemental nous place devant la France insoumise (ce qui est une surprise heureuse) mais aussi largement derrière Europe écologie les verts.

Ainsi des députés socialistes siégeront au Parlement européen et combattront pour une Europe plus humaniste, plus écologique, plus juste. Ça devrait être l’évidence mais c’était loin d’être assuré. Nous revenons de loin. Et même si le Parti Socialiste montre une certaine vitalité les réformes seront encore profondes pour nous mettre en position d’être une alternative crédible aux yeux des citoyens et retrouver leur confiance. Cela passera nécessairement par le retour d’une grande maison commune à gauche. Le Parti Communiste, la France Insoumise sont en situation difficile. Nous aussi. Nous pouvons donc tous faire preuve d’humilité. Les verts quant à eux ne devraient pas  se laisser griser par une victoire qui finalement les situe largement en deçà de leur score de 2009. Bref, oublions les querelles du passé pour aller de l’avant.

Il y a une place pour la gauche. Mais cette place n’existe que rassemblée. Et ça sera notre objectif pour les prochaines élections. Nous devrons nous appuyer sur nos valeurs écologistes, de solidarité, de progrès social au bénéfice de l’ensemble des citoyens. Notamment ceux qui ont été  délaissés, abandonnés, qui sont le plus fragiles. La gauche unie est la première force politique en France elle ne l’a jamais été autant désunie. Chacun voulant profiter de la défaillance de l’autre.  A quand une vraie recomposition à gauche ? Car même si EELV peut être satisfait, son score reste faible pour une première force de gauche. Il n’y a pas d’écologie de droite. LFI a payé cher sa stratégie populiste du « ni droite ni gauche » qui semble attirer aujourd’hui une partie d’Europe écologie. LFI a payé aussi sa stratégie de l’outrance de son chef et du soutien aveugle aux gilets jaunes. Générations a voulu lancer un nouveau parti alternatif au Parti Socialiste. Le bilan est pour le moins mitigé. Chacun se veut le garant de la « bonne gauche ». Mais ces jugements expéditifs nous renvoient tous hors du champ politique pour les électeurs. Comment prétendre au rassemblement quand  nous même n’arrivons pas à nous rassembler avec des programmes aussi proches ? L’union de la gauche en 1981 était bien moins évidente à faire et pourtant ils l’ont réussi.

La stratégie de notre parti était audacieuse. Et j’ai bien conscience qu’elle a fait grincer des dents. Pour autant elle était bonne. Nous réalisons un score proche de celui de 2017 mais sans l’appui de générations ni d’Europe écologie les verts. La gauche de gouvernement retrouve donc des couleurs. Nous avons su montrer que nous pouvions ne pas être hégémoniques avec nos partenaires. Les « éléphants » ont soutenu notre candidat et nous avons fait preuve d’une unité que nous n’avions  pas vue depuis longtemps. Pour autant il paraît évident qu’une page est tournée et que nous devons mettre en avant une nouvelle génération avec l’appui de ceux qui ont déjà œuvré. Nous avons fait notre inventaire. Il a été difficile. Dur mais juste. C’était là aussi une condition nécessaire pour aller de l’avant. Ne pas renier nos réussites. Ne pas nous cacher nos échecs. Repartir sur des bases saines. Cela rend caduc l’obligation de créer un nouveau parti pour éviter une sclérose qui serait intrinsèque au Parti socialiste.

Nous devons aussi être clairs avec le centre et la droite. Il n’y a plus de place pour une tolérance de la gauche vis-à-vis de la politique menée par le chef de l’Etat. Emmanuel Macron a joué avec l’épouvantail du Rassemblement national pour cristalliser le vote sur LREM. Il a voulu créer un barrage qui n’existe pas. Il a perdu. LREM est lourdement sanctionné même s’il a sans doute évité le pire. Une majorité de Français ont voté contre son projet politique. Il semblait bien seul à ne pas voir que la majorité du pays était mécontente. Il reste sur son socle de 20% du premier tour de la présidentielle. En général des urbains, souvent des personnes favorisées qui votent pour leurs intérêts. Ce vote de droite lui a profité.  A ce titre c’est LR la grande perdante. Montrant au passage l’inefficacité des instituts de sondages qui servent trop souvent de base à la réflexion politique. La politique n’est pas du marketing. Seules nos valeurs, notre colonne vertébrale idéologique doit nous guider. LR ne garde que les conservateurs, notamment au niveau sociétal. C’est un suicide programmé pour ce parti une telle stratégie.

La plus grande partie de notre programme aux européennes était partagée avec les verts, le parti communiste et générations. Nous devons faire des programmes basés sur des actions concrètes et partagés avec nos partenaires. La campagne avec Place Publique, Nouvelle Donne et le PRG nous a permis de faire des rencontres positives et de commencer à mettre en forme un début de rassemblement. Nous avons la nécessité d’aller plus loin. J’invite donc tous les militants à développer des projets pour les municipales en partenariat avec les mouvements de gauche. La situation nous oblige. Nous avons dix ans pour avancer de manière décisive au point de vue écologique. Et nous ne pouvons pas compter sur la droite et l’extrême droite pour ça. Alors retroussons nos manches, oublions les querelles d’égo et mettons nos forces en communs pour changer le monde.

Amitiés socialistes.

Frédéric Orain, Premier secrétaire fédéral de Loir-et-Cher

Le point sur la situation de la gauche

Des raisons de désespérer. 
Je parcours les murs de nombreux amis qui ont eu des parcours différents depuis les élections de 2017. Je crois avoir gardé de bons contacts avec tous. Je respecte leur choix. Grâce à eux j’ai accès à de nombreuses publications qui reprennent leurs courants de pensées. Et je suis atterré de voir l’énergie dépensée à attaquer les autres partis de gauche (avec une priorité sur le PS mais c’est valable dans tous les sens) dans la perspective des élections européennes. 
Cela me fait penser parfois à certains anciens fumeurs qui sont devenus les plus intolérants sur ceux qui le sont restés. Cette haine (car parfois c’est bien de ça dont il s’agit) donne une image catastrophique à l’ensemble de la gauche. Comment prétendre unir le peuple Français quand on est incapable d’unir ceux qui vous sont proches idéologiquement ?
Mais ne nous trompons pas, ce combat n’est pas anodin. C’est une lutte à mort entre partis qui est engagée. Un combat de nains mais un combat quand même. Car – c’est un fait- chaque voix aux européennes qui se portera sur un parti qui fait moins de 5% sera une voix perdue. Et aucun des partis de gauche ne peut assurer qu’il passera cette barre. Pire si la barre des 3% n’est pas passée c’est la survie même de ces partis qui est en jeu car les frais de campagne ne seront pas remboursés. Le vote utile va donc jouer à plein. Chacun voulant être celui qui sera en place de piller les autres. C’est aussi et surtout pour ça que ces partis n’ont pas voulu se donner les moyens de faire campagne ensemble. L’intérêt partisan à joué contre l’intérêt général. Cela donne des dérapages intolérables parfois sexistes ou des reprises d’articles d’extrême droite qui vont totalement à l’encontre des valeurs défendues par chacun de ces partis. Où est la bienveillance prônée par tous ? Où est la lutte contre le nationalisme ou le libéralisme ? N’est-ce pas notre priorité commune ? Quand nous aurons fini de nous chamailler manifesterons nous ensemble contre Marion Maréchal Le Pen présidente ? Le fait que de plus en plus de partis refusent d’être étiqueté de gauche m’inquiète aussi. Est-ce devenu une maladie honteuse ?
De mon côté je m’engage à ne pas relayer d’articles ou d’éditoriaux négatifs à l’encontre de Gs ou d’EELV. je ne participerai pas à ce concours de haine ou de dénigrement.

Des raisons d’espérer aussi.
La situation de la gauche était cataclysmique en 2017: PS+Gs+EELV ne valaient que 6% à travers la candidature de Benoit Hamon. Aujourd’hui, séparées elles valent environ 15% C’est ridicule mais c’est mieux. 
Le paysage politique ne pourra rester indéfiniment balkanisé comme ça. Cette recomposition se fera forcément. Dans la douleur assurément. 
J’ai été au meeting de Raphaël Glucksmann à Toulouse samedi. j’y ai vu une belle énergie. De nouvelles têtes. L’impression que les portes et les fenêtres s’ouvraient. Ça marchera ou pas mais cette ouverture était nécessaire. Je vous conseille d’écouter son discours. Il était bien plus à l’aise quand de le débat cacophonique à la télé. Et je pense beaucoup à gauche n’auraient rien à y redire.
Autre motif d’espoir l’échelon local. Ce que nous refusons au niveau national nous l’appliquons depuis longtemps à l’échelon local. Municipalités, départements, régions nous travaillons ensemble.

Frédéric Orain, 1er secrétaire fédéral de Loir-et-Cher

La Serbie est européenne

Furieux de la position de 10 des 12 candidats lors du « débat » d’hier de ne pas vouloir intégrer la Serbie à l’UE.

Le projet de l’UE a toujours été d’unir les pays d’Europe (et exclusivement d’Europe) pour créer un espace commune de paix et de libre circulation des personnes et des biens. Permettant la création d’une monnaie commune et de nombreux échanges.

Certains me disent que l’élargissement a été trop rapide. C’est faux ! La Grèce (1981), l’Espagne et le Portugal (1986) ont été intégrés très rapidement après la chute de leur dictatures. Les pays d’Europe centrale et Orientale ont dû passer sous les fourches caudines de l’UE et faire des efforts incroyables pour n’être finalement intégrés qu’en 2004 et 2007.Bien longtemps après la chute du mur donc. On a même créé des critères spécifiquement pour eux. La Lituanie a dû attendre pour intégrer l’Euro à cause de 0,1 % d’inflation alors que la France explosait tous les critères et que la Grèce avait triché pour rejoindre la zone.

Et sous prétexte que certains n’aiment pas le gouvernement Serbe démocratiquement élu il ne faudrait pas les accueillir ? Mais depuis combien de temps il y a ce type de critères ? Les Serbes ont dû faire des efforts incroyables. Livrer tous les criminels de guerre sans aucune exception alors que certains étaient encore considérés comme des héros dans leur pays (alors que nous on vient juste d’admettre le meurtre d’Audin pendant la guerre d’Algérie).

La Serbie c’est 7 millions d’habitants, le Monténégro 600 000, la Macédoine du Nord 2 millions. C’est ça qui vous fait peur ? Vous avez peur d’une invasion ? Vous préférez une nouvelle guerre ? Là où est né la première guerre mondiale ? Une main mise Russe ? Chinoise ? Djihadiste ?

Que l’extrême droite reprenne ce credo ne me surprend pas mais Jadot ? Hamon ? Brossat ? Aubry ? Loiseau ? Où sont les valeurs ?

Merci à Jean-Christophe Lagarde et Raphaël Glucksmann d’avoir sauvé l’honneur de l’Europe.

Frédéric Orain, premier secrétaire fédéral.

Où va l’enseignement supérieur agricole public* ?

J

Communiqué de presse Dominique Potier, secrétaire national au Développement des ruralités, nouveau modèle agricole et alimentaire.

À la rentrée 2018, l’annonce ministérielle de la création d’un « champion mondial » de l’enseignement supérieur agronomique avait été faite par la création d’un établissement fédérant AgroParisTech, Montpellier Supagro et Agro campus Ouest.
Aujourd’hui, six mois après l’annonce de ce projet et l’arrivée d’un nouveau ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, voilà une nouvelle proposition institutionnelle de rapprochement/fusion faite de deux « leaders », AgroParisTech-Université de Saclay, volonté du président de la République, d’une part et Montpellier Supagro-Agrocampus Ouest, d’autre part.

Vraiment, on ne peut pas dire que la continuité gouvernementale soit très assurée ; l’enseignement supérieur agricole n’est pas un jeu de Meccano institutionnel !

Pire, cet exercice de premier de cordée, élitiste et instable, abandonne les neuf autres établissements d’enseignement supérieur agronomique, vétérinaire et du paysage avec leurs compétences, leurs étudiants et leurs personnels installés à Dijon, Bordeaux, Nantes, Lyon/Clermont-Ferrand, Maisons-Alfort, Toulouse (2), Strasbourg et Versailles.

Quelles sont les perspectives de liens structurels de ces établissements publics d’enseignement supérieur avec les établissements publics de recherche, l’INRA et l’IRSTEA, bientôt fusionnés, le CIRAD et l’ANSES ; qu’en sera-t-il des coopérations territoriales avec les régions et l’Union européenne ?

Où sont donc les projets d’enseignement supérieur et de recherche scientifique de ces opérations insensées ? L’approche interdisciplinaire des compétences de tous ces établissements publics est indispensable à la réussite de la transition agroécologique de nos systèmes de production et de consommation ainsi que dans nos territoires. 

Déjà, la région Bretagne a fait savoir par écrit au ministre qu’elle était « farouchement contre » le projet de fusion entre Montpellier Supagro et Agro campus Ouest. 

Le Parti socialiste rappelle que dans la loi sur l’agriculture, l’alimentation et la forêt votée en 2014 à l’initiative de Stéphane Le Foll, a été créé l’établissement fédératif de tous les établissements d’enseignement supérieur et de recherche relevant du ministère en charge de l’Agriculture intitulé Institut agronomique vétérinaire et forestier de France (IAV2F) ; celui-ci devait valoriser toutes les missions de tous les établissements en respectant leurs autonomies. 

Au moment même où l’Union européenne fait un appel à propositions de création d’universités européennes, avec financements à la clé, il vaudrait mieux approfondir, grâce à l’IAV2F dont c’est la mission, les coopérations entre tous ces établissements publics français dans ce cadre européen.

* L’enseignement supérieur agricole public est composé de douze établissements publics relevant du ministère en charge de l’Agriculture: Agro Paris Tech, Montpellier Sup Agro, Agro campus Ouest, Agrosup Dijon (1), VetAgro Sup, ONIRIS, École nationale vétérinaire d’Alfort, École nationale vétérinaire de Toulouse, École nationale supérieure du paysage (sites de Versailles et Marseille), École nationale supérieure de formation de l’enseignement agricole de Toulouse, École nationale supérieure des sciences agronomiques de Bordeaux Aquitaine et École nationale du génie de l’eau et de l’environnement de Strasbourg. Y sont souvent associés, les établissements publics relevant du ministère de l’Enseignement supérieur : Université de Lorraine (ENSAIA et ENSTIB) et INP-ENSAT de Toulouse.

Projet de loi Blanquer : de la confiance à la défiance…

  Le Parti socialiste apporte son total soutien au personnel enseignant qui manifeste aujourd’hui contre le projet de loi pour « une école de la confiance ». Derrière l’instruction obligatoire dès l’âge de trois ans, se cache en réalité la reprise en main du Ministre, dont l’objectif est de mettre à mal tout ce qui a été porté par la gauche. La suppression du CNESCO en est l’illustration. Ce projet de loi confirme que le Ministre n’a pas confiance dans le monde enseignant, qu’il est hermétique à tout dialogue social. il ne fait que régler ses comptes avec le monde enseignant, en imposant la suspicion et en remettant en cause le système éducatif. Le Parti socialiste considère que ce projet de loi est :

–       injuste à l’égard des acteurs du monde éducatif, 

–       inquiétant quant au sort potentiellement réservé aux directeurs d’école dans les Etablissements Publics des Savoirs Fondamentaux,

–       porteur d’inégalités à l’égard des territoires, 

–       dangereux pour l’avenir de nos communes, qui devront prendre en charge le financement des maternelles privées. Des communes qui devront déjà faire face aux dédoublements des CE1 Rep à la rentrée. 

Le Parti socialiste rappelle qu’il a toujours fait de l’éducation sa priorité afin de garantir le droit à la réussite pour tous les élèves. Il renouvelle son total soutien aux enseignants.

Panique ?

Je ne sais pas si c’est lié à mes amis facebook ou si l’ampleur est plus vaste mais depuis l’annonce de l’alliance avec Place Publique je vois passer un grand nombre de conneries sur ma timeline facebook.

En général dans ce cas je signale les dérives à la personne qui le plus souvent les enlève (car j’ai beaucoup d’amis facebook qui n’ont pas les mêmes opinions que moi mais qui sont honnêtes dans leur convictions).

Mais là ce n’est plus possible, il y en a trop. Alors je me sens obligé de faire un post plus complet sur le sujet. Je rappelle que le site « lescrises.fr » est un site complotiste. Que Fdesouche est un site raciste. Je suis navré de voir que certains de mes anciens camarades tombent dans des travers aussi graves.

– Le soutien à Sarkozy de Raphaël Glucksmann: C’est son père et non lui. Seul un journaliste du monde diplo l’affirme. L’intéressé affirme le contraire. (https://www.liberation.fr/…/raphael-glucksmann-une-rage-d-e…)

– Sa pseudo candidature en 2006 (il y a 13 ans ! pour un parti inconnu). Il n’a jamais été candidat et il y a un pauvre extrait d’une dizaine de secondes. Le reste de la vidéo c’est un autre gonze qui parle.

– Son méchant tweet sur le PS. Bah oui. Il y avait de quoi être fâché contre le PS (on l’a bien vu). Et quelque part je trouve que ça montre bien que le parti à changé et compris des choses.

– Le soutien à Macron ? C’était plutôt le contentement de voir Macron plutôt que Le Pen après le premier tour. Mais je rappelle qu’il a soutenu Hamon pendant la campagne. Et même si je n’aime pas Macron j’ai aussi voté pour lui au deuxième tour et espéré que Le Pen ne passe pas.

– La méchante phrase de Hamon qui dit que les voix du PS vont à droite ? Je rappelle juste que son plus beau discours, celui de Bercy (j’y étais) a été écrit entre autre par… Raphaël Glucksmann.

– Yannick Jadot qui accuse le PS de favoriser le glyphosate: 
c’est grâce aux socialistes qu’il y a eu une commission d’enquête au Parlement européen. Aucune division chez les socialistes sur ce sujet. Le 16 mai 2017, le groupe S&D s’est exprimé à 188 pour et une seule abstention en faveur de cette commission. Elle était d’ailleurs présidée par un eurodéputé socialiste, Eric Andrieu qui fait un travail colossal.

Je sais que les campagnes électorales sont souvent sales. Mais j’avoue que je ne m’y ferais jamais. Bref que veut dire cette avalanche ? Peut être que certains paniquent.

Conseil national du 16 mars

Samedi 15 mars s’est tenu à la Maison de la Chimie un Conseil national du Parti socialiste.L’ordre du jour comprenait notamment un vote sur le principe de liste commune avec Place Publique et la désignation de Raphaël Glucksmann comme tête de liste.
Vous trouverez ci-dessous un compte-rendu de ce conseil national :
En préambule, il a été rappelé que l’université d’été de La Rochelle se tiendrait à nouveau cet été du 23 au 25 août.


Point 1 : rapport comptable sur le nouveau siègeLe nouveau siège du Parti socialiste à Ivry d’une surface de 1497m2 aura coûté au Parti, coûts de déménagement inclus, la somme de 9324K€ (remarque personnelle : il avait été indiqué au mois de juin 2018 que la vente de Solférino rapporterait 45 millions d’euros et que l’achat du nouveau siège coûterait 10 millions d’euros). Il a été rappelé que le PS a drastiquement réduit le nombre de ses permanents, les faisant passer de 130 à 43.Une question a été posée sur l’existence d’une salle suffisamment grande pour accueillir nos conseils nationaux, ainsi que cela avait été initialement prévu et avait justifié l’achat de ce site. En réponse, il a été expliqué que l’achat d’une telle salle dans un bâtiment annexe du siège d’Ivry avait été budgété mais que le vendeur ne proposait à ce jour pas un prix jugé raisonnable par le Parti. Ce point est donc toujours en suspens.


Point 2 : grand débat national: :Il est rappelé qu’à l’origine de la crise des gilets jaunes, il y a la sidération de l’élection d’Emmanuel Macron, rapidement suivie d’une forme de saturation qui allait s’achever par une colère encore existante.Le constat sur le grand débat est très négatif, les dés ayant été pipés dès le commencement. On sait en effet qu’il n’y aura pas de rétablissement de l’ISF mais que les dépenses publiques et donc le service public seront réduits.Il a été rappelé que le PS a été le premier parti à porter des propositions dès le début de la crise des gilets jaunes mais que celles-ci ont été très peu relayées par la presse. Aussi, dans le cadre du Grand Débat, le  Parti socialiste fera au minimum 30 propositions (et serait en mesure d’en faire une centaine) lesquelles s’avèrent être en cohérence avec les 66 propositions portées par Nicolas Hulot et Laurent Berger.


Point 3 : élections européennes:Il est tout d’abord rappelé que les règles de cotisations pour pouvoir participer au vote du 2 avril sur la liste pour les européennes seront identiques à celles mises en place pour le Congrès.Les membres du Conseil national ont ensuite été amenés à s’exprimer sur le projet de résolution soumis par la direction du Parti qui propose de participer à une liste de rassemblement conduite par Raphaël Glucksmann et dont le PS constituera l’armature. Cette liste sera paritaire entre les candidat.e.s socialistes et ceux issus d’autres mouvements et de la société civile.Les débats ont été très vifs et peuvent être résumés comme suit :- Les membres du Conseil national issus du texte d’orientation présenté par Stéphane Le Foll ont regretté d’apprendre par la presse cette proposition de la direction du PS, ont reproché à la direction sa méthode et l’absence de consultation du Bureau national. Sur le fonds, ils regrettent de laisser la tête de liste à un tiers inconnu (Raphaël Glucksmann) qui n’est pas socialiste et peut-être pas de gauche alors que des candidats socialistes s’étaient proposés pour conduire cette liste. Dans ces circonstances, avec beaucoup de virulence, ils ont annoncé quitter le Bureau national du PS et ont indiqué qu’ils continueraient à défendre les valeurs socialistes puisque la direction actuelle ne souhaitait plus le faire. Les membres de ce texte d’orientation n’ont pas pris part au vote sur cette proposition.- Luc Carvounas de son côté a regretté, dans un style toutefois un peu moins virulent, la méthode de la direction (le sujet des élections européennes n’était plus abordé en Bureau national depuis des mois). Les membres de ce texte d’orientation n’ont pas pris part au vote sur cette proposition.- Laurent Baumel pour le texte d’orientation initialement porté par Emmanuel Maurel a indiqué qu’il voterait favorablement cette proposition mais qu’il avait des interrogations sur la composition et l’organisation de cette liste.- Les représentants de la direction du PS sont intervenus pour répondre aux attaques notamment des soutiens de Stéphane Le Foll en indiquant que ceux-ci n’assistaient jamais aux réunions du Bureau national depuis le début du mandat d’Olivier Faure, que ce Bureau national avait donné à plusieurs reprises mandat à Olivier Faure pour faire une alliance en vue des européennes (en décembre 2018 et février 2019 notamment) et qu’ils étaient de mauvaise foi puisqu’ils regrettaient aujourd’hui cette alliance alors qu’ils étaient prêts à s’unir derrière Yannick Jadot il y a encore peu. Notre députée européenne Karine Gloanec-Maurin est montée à la tribune pour défendre la proposition de la direction qu’elle a jugé être « un pari audacieux et courageux ».Il faut noter que la tension a été extrêmement vive entre les membres de la Direction et les représentants de Stéphane Le Foll qui n’ont pas hésité à employer des mots tels que « scélérat » et « surréalisme ». Néanmoins, cette tension n’est pas nouvelle puisque la presse se faisait échos depuis cet été (quelques mois donc après le Congrès) de critiques nombreuses de Stéphane Le Foll envers Olivier Faure. Les tensions entre Luc Carvounas et la direction du PS sont quant à elles réelles mais moins virulentes.A noter enfin deux interrogations sous forme de critiques : qui financera cette campagne électorale ? il semble en effet que cette liste conduite par Raphaël Glucksmann sera exclusivement financée par le PS. où siègeront les élus député.e.s européen.ne.s de cette liste ? Raphaël Glucksmann a en effet indiqué que chacun sera libre de siéger dans le groupe qu’il souhaite. Le vote a été très majoritairement favorable (cinq votes contre dont Rachid Temal membre de la direction) à la proposition de la direction, les membres des textes d’orientation de Stéphane Le Foll et Luc Carvounas ne prenant pas part au vote. En conclusion, Olivier Faure a rappelé que nous ne devions pas donner des ordres aux autres partis mais donner l’exemple et c’est ce que nous venions de faire en acceptant de nous ouvrir et de commencer le rassemblement de la gauche.


Point 4 : marche pour le climat: Les membres du PS se sont ensuite retrouvés aux côtés de Raphaël Glucksmann pour la marche pour le climat derrière une banderole « notre premier combat commun : la planète ».

Christophe Chapuis