Accompagner et protéger nos enseignants : il n’est que temps.

Yannick Trigance

Yannick Trigance

Secrétaire nationale à l’éducation et à l’enseignement supérieur

En 2018-2019, 58 agents de l’Éducation nationale se sont donné la mort – plus d’un suicide par semaine – et déjà 11 depuis la rentrée scolaire. Derrière ces chiffres terribles, que certains font l’erreur de minorer, ce sont des vies et des familles brisées, des collègues bouleversés, des parents et des élèves inquiets.

Pour le Parti socialiste, l’institution scolaire doit prendre davantage soin de ses personnels. Cela passe par une revalorisation des indemnités et des carrières, une attractivité renforcée du métier,…

Mais cela implique aussi de renforcer les moyens de la médecine de prévention pour mieux anticiper les risques psychosociaux et faire de la politique des ressources humaines l’une de ses priorités, avec un plan d’urgence sur les dix prochaines années, bien au-delà donc des alternances politiques.

Le renforcement de la médecine de prévention passe avant tout par une augmentation du nombre de postes. Avec un médecin de prévention pour 16 000 personnels, elle n’est pas assurée aujourd’hui. Nous demandons d’arriver progressivement au respect du taux règlementaire de 1 pour 2 500 établis dans les textes officiels.

Cela implique bien évidement de travailler sur l’attractivité du métier. Nous demandons une amélioration des conditions de travail des médecins de prévention, de leur évolution de carrière et de la prise en compte de leurs préconisations dans les académies. Pour les aider dans l’exercice de leurs fonctions, nous proposons également la mise en place d’un pan de formation à la prévention, à l’anticipation et l’accompagnement des risques psychosociaux.

Au-delà, l’institution scolaire doit prendre soin des tous ses personnels ce qu’elle ne fait pas assez aujourd’hui, le deamz. Il faut un véritable suivi des personnels et enseignants et la visite quinquennale doit être effective et sans devenir facultative comme certains le préconisent. Aujourd’hui, après la visite d’embauche, un enseignant peut ne jamais voir un médecin de prévention. Cette situation n’est pas acceptable.

Nous demandons par ailleurs une amélioration du dialogue entre les enseignants et leur hiérarchie, dialogue qui trop souvent se révèle brutal, insuffisant voire inexistant

Cette situation de la médecine de prévention n’est pas propre à l’Education nationale : elle s’observe dans toute la fonction publique. Ce sont nos services publics et leur qualité qui sont en jeu : il y a urgence.