Bilan des élections Européennes

Chers amis, chères amies

J’ai souhaité prendre un peu de temps avant de vous  envoyer ce message pour vous donner mes impressions suite aux  élections européennes.

Je voulais tout d’abord remercier Karine Gloanec-Maurin pour son bilan en tant que députée européenne et pour son implication sans faille. Je voulais aussi remercier l’ensemble des militants qui ont tracté, convaincu et participé à l’organisation des nombreuses réunions et meeting lors de cette campagne.

Nous avons été visibles, plutôt bien accueillis par la population et c’est une nouveauté positive par rapport aux dernières années. Mais cela n’a pas été suffisant.  La participation a été en nette hausse et tout démocrate doit s’en réjouir mais cette hausse profite au Rassemblement National et lui donne une légitimité qui ne peut que nous inquiéter.  Notre résultat départemental nous place devant la France insoumise (ce qui est une surprise heureuse) mais aussi largement derrière Europe écologie les verts.

Ainsi des députés socialistes siégeront au Parlement européen et combattront pour une Europe plus humaniste, plus écologique, plus juste. Ça devrait être l’évidence mais c’était loin d’être assuré. Nous revenons de loin. Et même si le Parti Socialiste montre une certaine vitalité les réformes seront encore profondes pour nous mettre en position d’être une alternative crédible aux yeux des citoyens et retrouver leur confiance. Cela passera nécessairement par le retour d’une grande maison commune à gauche. Le Parti Communiste, la France Insoumise sont en situation difficile. Nous aussi. Nous pouvons donc tous faire preuve d’humilité. Les verts quant à eux ne devraient pas  se laisser griser par une victoire qui finalement les situe largement en deçà de leur score de 2009. Bref, oublions les querelles du passé pour aller de l’avant.

Il y a une place pour la gauche. Mais cette place n’existe que rassemblée. Et ça sera notre objectif pour les prochaines élections. Nous devrons nous appuyer sur nos valeurs écologistes, de solidarité, de progrès social au bénéfice de l’ensemble des citoyens. Notamment ceux qui ont été  délaissés, abandonnés, qui sont le plus fragiles. La gauche unie est la première force politique en France elle ne l’a jamais été autant désunie. Chacun voulant profiter de la défaillance de l’autre.  A quand une vraie recomposition à gauche ? Car même si EELV peut être satisfait, son score reste faible pour une première force de gauche. Il n’y a pas d’écologie de droite. LFI a payé cher sa stratégie populiste du « ni droite ni gauche » qui semble attirer aujourd’hui une partie d’Europe écologie. LFI a payé aussi sa stratégie de l’outrance de son chef et du soutien aveugle aux gilets jaunes. Générations a voulu lancer un nouveau parti alternatif au Parti Socialiste. Le bilan est pour le moins mitigé. Chacun se veut le garant de la « bonne gauche ». Mais ces jugements expéditifs nous renvoient tous hors du champ politique pour les électeurs. Comment prétendre au rassemblement quand  nous même n’arrivons pas à nous rassembler avec des programmes aussi proches ? L’union de la gauche en 1981 était bien moins évidente à faire et pourtant ils l’ont réussi.

La stratégie de notre parti était audacieuse. Et j’ai bien conscience qu’elle a fait grincer des dents. Pour autant elle était bonne. Nous réalisons un score proche de celui de 2017 mais sans l’appui de générations ni d’Europe écologie les verts. La gauche de gouvernement retrouve donc des couleurs. Nous avons su montrer que nous pouvions ne pas être hégémoniques avec nos partenaires. Les « éléphants » ont soutenu notre candidat et nous avons fait preuve d’une unité que nous n’avions  pas vue depuis longtemps. Pour autant il paraît évident qu’une page est tournée et que nous devons mettre en avant une nouvelle génération avec l’appui de ceux qui ont déjà œuvré. Nous avons fait notre inventaire. Il a été difficile. Dur mais juste. C’était là aussi une condition nécessaire pour aller de l’avant. Ne pas renier nos réussites. Ne pas nous cacher nos échecs. Repartir sur des bases saines. Cela rend caduc l’obligation de créer un nouveau parti pour éviter une sclérose qui serait intrinsèque au Parti socialiste.

Nous devons aussi être clairs avec le centre et la droite. Il n’y a plus de place pour une tolérance de la gauche vis-à-vis de la politique menée par le chef de l’Etat. Emmanuel Macron a joué avec l’épouvantail du Rassemblement national pour cristalliser le vote sur LREM. Il a voulu créer un barrage qui n’existe pas. Il a perdu. LREM est lourdement sanctionné même s’il a sans doute évité le pire. Une majorité de Français ont voté contre son projet politique. Il semblait bien seul à ne pas voir que la majorité du pays était mécontente. Il reste sur son socle de 20% du premier tour de la présidentielle. En général des urbains, souvent des personnes favorisées qui votent pour leurs intérêts. Ce vote de droite lui a profité.  A ce titre c’est LR la grande perdante. Montrant au passage l’inefficacité des instituts de sondages qui servent trop souvent de base à la réflexion politique. La politique n’est pas du marketing. Seules nos valeurs, notre colonne vertébrale idéologique doit nous guider. LR ne garde que les conservateurs, notamment au niveau sociétal. C’est un suicide programmé pour ce parti une telle stratégie.

La plus grande partie de notre programme aux européennes était partagée avec les verts, le parti communiste et générations. Nous devons faire des programmes basés sur des actions concrètes et partagés avec nos partenaires. La campagne avec Place Publique, Nouvelle Donne et le PRG nous a permis de faire des rencontres positives et de commencer à mettre en forme un début de rassemblement. Nous avons la nécessité d’aller plus loin. J’invite donc tous les militants à développer des projets pour les municipales en partenariat avec les mouvements de gauche. La situation nous oblige. Nous avons dix ans pour avancer de manière décisive au point de vue écologique. Et nous ne pouvons pas compter sur la droite et l’extrême droite pour ça. Alors retroussons nos manches, oublions les querelles d’égo et mettons nos forces en communs pour changer le monde.

Amitiés socialistes.

Frédéric Orain, Premier secrétaire fédéral de Loir-et-Cher
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